Comment s’est passée l’adaptation en téléfilm de votre dernier roman, Liés pour la vie ?

Nous avons d’abord retravaillé le scénario plusieurs fois. TF1, Merlin Productions et moi étions sur la même longueur d’onde. Nous avons formé une super-équipe. Je leur ai fait confiance sur le choix des réalisateurs et des acteurs. Ils ont pris quelqu’un qui aimait l’histoire et y croyait. Souvent, sur les films, il se crée une belle ambiance mais, là, il y a eu une magie incroyable. L’énergie que les chevaux dégageaient, c’était merveilleux. Ils ont créé une plénitude autour d’eux. Je n’avais jamais vu ça. Je me rendais compte de la chance que j’avais de tourner ce film, de voir mon bébé prendre vie.

Vous avez appris l’équitation pour être crédible dans le rôle ?

Je ne suis pas une cavalière, j’ai dû faire deux promenades à cheval en Camargue dans ma vie. Il a fallu m’apprendre à monter, puis à vaincre la peur de la vitesse, enfin à monter en non valide. Je n’ai pas compté mes heures et je n’ai pas flanché. J’ai écrit ce livre en pensant à la fusion entre le cheval et la cavalière. Je voulais la trouver. Quand l’équipe m’a présenté Numi, le cheval qui joue Saphir, ils m’ont dit : « Avec lui, soit ça passe, soit ça casse. »Le lendemain, je suis arrivée avec un gros sac de carottes. Ils étaient morts de rire. J’ai parlé longtemps à Numi, après, je lui ai donné sa carotte. Dès lors, nous n’avons pas pu nous lâcher.

Le message de résilience qui passe à travers Lucie est-il important à vos yeux ?

J’ai voulu donner de l’espoir avec l’histoire d’une femme qui se bat malgré tout. Ce qui lui arrive est tragique, mais elle trouve la force en elle pour avancer. Le handicap est un sujet qui me touche énormément. Je veux qu’on ressente cette force, et le combat qu’elle a mené.

Est-ce quelque chose que vous essayez de transmettre à votre fille (Lyana, 3 ans, NDLR) ?

Oh oui ! J’ai grandi avec mon parrain et ma marraine, qui étaient non valides. Je les aimais énormément. J’ai vu cette force d’avancer qu’ils avaient et leur optimisme. C’était des gens très souriants, très aimants. Je les admirais énormément. Yannis (son ex-compagnon atteint d’un cancer, NDLR) est également devenu non valide avant de mourir. Lui aussi s’est battu jusqu’au bout, avec le sourire. Ces trois personnes sont des exemples qui m’ont donné la force et la rage de me battre et d’avancer dans la vie.

Dans votre dernier roman, Sélia, vous menez une réflexion sur la célébrité. Vous a-t-elle effrayé à un moment de votre carrière ?

Je n’ai jamais été effrayée par des fans. Je n’ai été harcelée qu’une seule fois. C’est allé très loin, j’ai reçu des menaces de mort. Cette histoire m’a inspirée pour Sélia. Mais sinon, j’ai une relation très saine et conviviale avec le public, je suis très proche de lui, je l’aime et j’en ai besoin. Il me donne de la force. Pendant plus de dix ans, il m’a énormément soutenue dans mon combat pour avoir un enfant.

Quel métier auriez-vous aimé exercer si vous n’aviez pas été actrice ?

Je pense que je serais restée en contact avec la scène, d’une manière ou d’une autre. Je serais professeur de théâtre, réalisatrice ou dans la direction d’acteurs.

Comment vous organisez-vous entre l’écriture, les tournages et votre vie de famille ?

J’épuise mon monde. (Rires.)Mon mari et ma mère n’en peuvent plus ! Mais j’ai ce besoin d’être tout le temps active. J’aime que ça bouge, aller plus loin, prendre des risques… Je n’aime pas me reposer sur mes lauriers.

Vous tenez votre fille à l’abri de la vie publique. Quelles seront vos mises en garde si elle veut suivre vos pas ?

Pour l’instant, elle est trop petite, donc la question ne se pose pas. Je la protège et je continuerai à le faire tant qu’elle ne souhaitera pas apparaître sur les réseaux. Ce sera son choix. Je ne forcerai jamais ma fille à faire quoi que ce soit ou à aller contre ses envies. J’espère qu’elle sera forte, quelle que soit la vie qu’elle choisira. C’est ce que je souhaite à tout le monde. Allez jusqu’au bout de vos rêves !

Quel est votre secret avec Badri pour être toujours plus soudés malgré les difficultés traversées ?

Dans notre couple, l’union fait la force. C’est banal, certes, mais ça veut dire beaucoup de choses. Nous sommes restés unis face à l’endométriose, qui n’est pas une maladie facile. Tous les couples ont leurs combats. Et nous avons des hauts et des bas, comme tout le monde. Nous sommes un couple normal. Je n’ai pas de conseils à donner à qui que ce soit. En ce qui nous concerne, communiquer est primordial, mais on se dispute aussi pour des broutilles.

Quels sont vos projets ?

J’ai beaucoup de livres dans la tête. (Rires.)Ne vous inquiétez pas, pour l’imagination, il n’y a pas de soucis. J’ai tourné Pour te retrouverpour M6 avec Assaad Bouab et Le Squat pour France 3 avec Line Renaud, une comédie sociale qui fait du bien. Mes prochains tournages devraient avoir lieu après l’été.

L’hommage de Laëtitia

« Sur Liés pour la vie,l’équipe technique a été magique. On ne parle pas assez d’eux. Hélas, nous avons récemment perdu Morvan, Hervé et Milo, dans un accident de voiture sur le tournage du troisième Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ?J’ai une tendre pensée pour eux et leurs proches, c’était des personnes formidables. Je pense aussi très fort à Timothée, qui se bat. »

Cette interview a été publié dans le magazine Nous Deux numéro 3857.

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