” Cet amour sur le tard a changé ma vie “

Marie, 69 ans

« Mon premier mari, père de mes enfants, était un homme extraordinaire. Il avait vingt-quatre ans de plus que moi et nous nous sommes beaucoup aimés… pendant quarante-deux ans. Le perdre m’a plongée dans un manque terrible. Alors que je ne m’y attendais pas du tout, il y a un an, j’ai fait la connaissance, par mon réseau associatif, d’un homme de 97 ans, assez austère, veuf depuis plus longtemps que moi, très vaillant, dynamique et autonome. Nous avons d’abord lié une amitié amoureuse qui s’est progressivement transformée en amour. Ça nous est tombé dessus ! Pour lui comme pour moi, c’est une nouvelle jeunesse, un don du ciel. Sexuellement, ça marche très bien (rires).On a une approche différente, avec beaucoup de caresses, d’amour tendre. C’est une découverte l’un de l’autre… Je vois un psy depuis des années et je lui ai dit : “Docteur, je crois que je ne vais plus avoir besoin de médicaments parce que l’amour est le meilleur des remèdes. “Mon ami m’a permis de me retrouver, de faire davantage attention à moi. Il m’apporte beaucoup de joie, et réciproquement. Il faut que les gens sachent que tout est possible dans la vie. Pas uniquement faire l’amour, mais simplement aimer et être aimé… Prendre le petit-déjeuner ensemble, m’endormir et me réveiller dans ses bras, c’est un bonheur. »

“Mon amitié avec Jean est une vraie source d’enrichissement “

Madeleine, 84 ans

« J’ai connu Jean dans un groupe de réflexion sur la relation patient/médecin à l’hôpital, alors que nous venions de démarrer notre vie professionnelle. Nous partagions la même vision et nous avons sympathisé. Puis la vie a suivi son cours. Et, en 2002, à l’approche de la retraite, nos chemins se sont recroisés, par hasard, alors que nous assistions à un cycle de conférences à Paris. A la sortie, nous allions prendre un café pour prolonger nos échanges. Quand mon compagnon est décédé en 2004, je me suis retrouvée seule. Les cours allaient prendre fin. Je me suis alors confiée à Jean sur mon deuil et nous avons décidé de nous voir une fois par mois pour déjeuner. Nous échangeons des livres, des articles de journaux. Au début, nous abordions rarement notre vie privée, pour se respecter l’un l’autre. Avec le temps, nous nous donnons davantage de nouvelles de nos familles, de nos amis. Nous avons une réflexion autour de notre vieillissement, de la perte d’autonomie… C’est agréable d’avoir une amitié de ce type avec un homme qui appartient à la même génération que moi et dont je partage les idées et les engagements. Je suis heureuse d’avoir eu l’intuition de proposer à Jean ces rencontres ritualisées, qui ponctuent ma vie solitaire de femme âgée. Il m’arrive même de me faire belle pour ces rendez-vous. Un vrai cadeau que nous nous sommes offert ! »

“Avec Marie, j’ai pu partager ma passion pour Michel Tournier”

Marion, 72 ans

« Il y a deux ans, j’avais décidé d’aller me promener du côté de la vallée de Chevreuse. Guidée par un hasard enchanteur, j’ai opté pour Choisel. Michel Tournier, dont j’avais tant aimé les livres, avait habité, me semblait-il, par ici. Autrefois, j’avais voulu rencontrer ce grand écrivain dans le cadre de mes recherches (Marion Péruchon a été enseignante chercheuse à Paris V Sorbonne), mais il n’avait jamais répondu à ma lettre. Un souvenir m’a assaillie : sa demeure, un presbytère, jouxtait une vieille église. Mes pas m’ont guidée vers le petit cimetière. Soudain, je suis tombée en arrêt devant sa tombe affublée d’un bouquet champêtre dont la fraîcheur m’a surprise, tout comme son épitaphe : “Je t’ai adoré. Tu me l’as rendu au centuple. Merci la vie. ” A quoi bon savoir écrire pour terminer comme cela ? Accablée, je suis sortie du cimetière pour me rendre au presbytère […]. Soudain, une voix aimable m’a fait sursauter : “Vous cherchez quelque chose ?”Et c’est ainsi que je me suis retrouvée à échanger avec une dame, enseignante à la retraite comme moi, qui avait tout lu de lui. Etant l’une de ses voisines, elle s’est mise à me livrer mille passionnantes anecdotes à propos de ses livres, de sa vie et de sa personnalité. J’ai ainsi appris que l’écrivain était décédé chez lui de vieillesse et qu’il avait fait don, avant sa mort, de sa maison à sa femme de ménage, qui s’était occupée de lui jusqu’au bout. Une nouvelle famille avait donc pris place dans ce presbytère […]. Cette histoire m’a émerveillée. Marie avait, sans le savoir, fait fructifier dans mon cœur un sentiment de plénitude non dénué, vis-à-vis d’elle, de reconnaissance. Me désignant sa maison au loin, elle m’a invitée à revenir la voir un jour. Il suffirait alors de m’annoncer par mon prénom, “Marion”, qu’elle avait bien retenu… »

A lire : Rencontres tardives… Elles enchantent nos vieillesses (éd. In Press, 14,90 €).

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